CE QU’ON APPELLE HAUTE-COUTURE EN 2013…

Année particulière pour la Haute-Couture dont le calendrier en cette année 2013 fut des plus remplis malgré l’absence notable de la Maison Givenchy. En effet, marquée par le retour de grands noms tels que Vionnet ou Schiaparelli, ainsi que le tandem Viktor & Rolf après 13 ans d’absence. Situation paradoxale dans une époque où la Haute-Couture de plus en plus, apparaît comme une pratique plutôt désuète et obsolète qui fascine bien plus qu’elle ne s’achète.

Les Grandes Maisons

Véritable routine pour les grandes Maisons, quoi qu’un peu moins pour Raf Simons qui signait il y a quelques jours sa troisième collection pour la couture Christian Dior. Usant de technicité et de prouesses dans un minimalisme dont il est usager, il donna la vie à une collection bien exemplaire loin de l’opulence brodée pronée par John Galliano pendant plus de 10 ans à la tête de la même Maison. Si il semble évident d’accorder à Raf Simons la reconnaissance qui lui revient de droit, il reste compliqué de comprendre l’alliance complexe tissée entre lui, ainsi que son estéthique élitiste, et L.V.M.H. décidé à se faire accepter et reconnaître d’une majorité.

Dior 2
Dior

Reste que pour voir du Dior, c’est vers Giambattista Valli qu’il fallait se tourner. Lui qui présentait ici fleurs et couleurs comme si il lorgnait d’une façon trop insistante la place de son confrère belge…

Valli 1

Valli 2Giambattista Valli

Dans un autre genre, Elie Saab et Gorgio Armani, nous livraient comme à l’habitude des présentations sompteueuses et parfaites mais possiblement trop lisses, simples déclinaisons de plumes et de broderies cristallines dans les passages, le tout devenant presque… soporifique.

Reste un certain romantisme italien, toujours affiché par le duo à la tête de la Maison Valentino qui n’en finit plus de signer des collections étoffées et travaillées qui malgré leur évidente base répétitive de style Empire, ne parviennent toujours pas à lasser…

ValentinoValentino

Les Ateliers Versace de la sculpturale Donatella, quant à eux, se distinguent de leurs compatriotes parfois acharnés à servir leurs visionnaires fantasmes et oubliant presque la fonction première du vêtement. La Maison Milanaise servant alors une femme couture, ouvertement sexuelle, mi-lingerie mi-velours, aux fourrures découpées et ondulées, peaux écaillées courtes et ouvertes, jupes longues brodées surmontées d’incroyables tricôts cropped… Une femme sexy bien sûr, déjà mise en exergue par le défunt Gianni, mais avant tout, une femme qui jamais non, ne marchera à plat…

Versace Atelier 1

Versace Atelier 2Versace

Les Petits Cachés

Autrement, les petits cachés de la Haute-Couture continuent de faire leur effet dans les artères du Palais de Tokyo puisque de nouveau, Alexandre Vauthier offrait à l’assistance ses modèles qui malgré un certain dynamisme chaussé de Louboutin n’en montraient pas moins quelques faiblesses avec des robes aux pointes malheureuses dont le tombé gênant n’offrait de véritable réussite visuelle. Ajouté à celà, quelques pantalons dont la coupe douteuse n’était des plus saillantes en laissant planer quelques doutes sur l’appélation « Haute-Couture« , et ce, même si le créateur est en partie célébré pour sa demie-couture dont les prix sont alignés sur ceux des confections. En reste, et surement LA pièce de sa collection, un blouson teddy oversize coupé dans des écailles noires et vernies, doublé de soie, qui convaincra sans nul doute sa clientèle d’élite.

VauthierAlexandre Vauthier

Dans un même temps, Stéphane Rolland et sa couture archétypale, jamais à court d’idées, démontre sa capacité dans la maîtrise textile, lui qui reste fidèle aux matériaux chers à Balenciaga tel que le gazar de soie. Ce dernier permettant volumes et formes, qui malgré leur apparente simplicité – ou complexité -, n’en requièrent pas moins de connaissances et de techniques afin de convaincre sa riche clientèle de princesses, majoritairement issues des Emirats, qui lui assurent pour le moment prosperité et règne au sein de ses salons de l’Avenue George V.
Sur une note rapide, il nous faudra retenir les dentelles et noeuds d’Alexis Mabille qui excelle lui aussi dans un registre romantique, alignant les modèles, sans vraiment de trame visible, mais qui permet une diversité divertissante taillée dans le tulle ou la soie.

Ulyana Sergeenko 2Ulyana Sergeenko

La perfection russe d’Ulyana Sergeenko, présentant pour la troisième fois ses princesses slaves issues des foklores nordiques dont la garde-robe, qui ne semble être portée que par sa créatrice, ne peut qu’envoûter et nous faire regretter la souveraineté des tsars de la Russie Impériale.

Et Chanel

CHANELChanel

Dans un autre ton, CHANEL, et sa présentation dans son cinéma désintégré recréé sous la voute du Grand Palais. Décor dont la qualité reste malheureusement nettement supérieure à celle des collections, qui, s’affublant d’une mise en beauté et cuissardes déjà vues, sont en plus superposées de tailleurs tweedés bien ennuyeux, de robes floues incompréhensibles et d’expériences textiles en mosaïques dont on ne saurait deviner l’idée originelle.

Petite polémique Nabilla en fermeture du défilé Jean Paul Gaultier qui, quoi qu’on en dise, représente la génération actuelle (malheureusement, nous sommes d’accord…) et celle dont voulait parler le couturier à travers sa collection, comme il l’avait fait avec Beth Ditto et Valérie Lemercier. POINT.
Capture d’écran 2013-07-05 à 11.59.47

Dimitri

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